LE REVE
LUCIDE
Un Rêve Lucide est un rêve où
l’on sait que l’on rêve
Tout rêve
ordinaire est une illusion et un mensonge. Comme un miroir, il ne se donne pas
pour ce qu’il est, un simple rêve, mais il se fait prendre pour la réalité. Et
toutes les nuits nous recommençons. Nous sommes en train de nager, d’escalader
une montagne, de faire un bon repas ou de la moto et en fait nous n’avons pas
quitté notre lit, nous étions en train de rêver ! Le matin nous nous réveillons,
nous ouvrons les yeux et nous nous souvenons de notre rêve de la nuit. Mais nous
réalisons assez peu que nous nous sommes fait berner une fois de plus, victime
de l’illusion. (En fait, il en est de même pour le monde, la matière et le moi.
Le rêve est sans doute là pour nous rappeler que chaque fois nous sommes
victimes de l’illusion cosmique, la Maya).
Or il est
possible d’échapper à cette illusion et de réaliser en rêve que l’on est en
train de rêver : c’est ce que l’on nomme « le rêve lucide » ou rêve conscient.
Soudain on prend conscience que l’on est en train de rêver et l’on rêve en
sachant que l’on rêve.
Ceci est le
premier degré : introduire la conscience dans son rêve. Alors tout devient
possible et c’est tous les mécanismes de l’esprit qui vont peu à peu passer du
stade vigile de la journée éveillée au stade du rêve dans le sommeil. La
première fois, c’est un instant merveilleux qui crée un choc percutant dont on
se souvient toute sa vie. Il semble que quelque chose se brise dans le coeur,
lorsqu’on décide de vaincre sa peur.
Je me souviendrai toujours de
cette expérience qui s’est déroulée dans une ville du sud Tunisien par une
chaude nuit. « J’étais penché par-dessus la balustrade de ma fenêtre
d’hôtel, voulant plonger, mais retenu par la peur de m’écraser en bas. Je me
demandais si je rêvais ou non. Si je rêve, il faut en profiter, mais si je ne
rêve pas, je vais me tuer. Et je n’arrive pas à retrouver ma lucidité et à me
décider. Et puis soudain, je choisis que je rêve et je bascule par dessus la
balustrade et commence à voler dans les airs pour aller explorer la ville la
nuit. Au retour, je me suis réveillé dans mon lit, la fenêtre ouverte. Ouf,
c’était bien un songe ».
Après la conscience arrive la
mémoire et l’on se souvient combien de fois on a déjà fait ce rêve, quand et
avec quels intervalles. En réalité, beaucoup de nos rêves sont répétitifs, mais
on ne s’en souvient pas. Avec le retour de la mémoire on peut aussi comparer et
enregistrer les progrès vers des rêves plus agréables, positifs et
constructifs.
Puis soudain renaît l’attention et
l’on peut faire attention aux images du rêve, pour elles-mêmes. C’est alors
qu’apparaît l’effet zoom : si on est intrigué par une image, on s’en approche.
C’est l’équivalent du changement de focale dans la photo ou le cinéma. En rêve,
on s’intéresse à un personnage du rêve, puis à son visage, et à son œil droit,
pour ne plus voir qu’une tache dans son cristallin coloré. Surtout on va
découvrir « l’arrêt sur image », comme dans le film qui se stoppe sur une image
fixe, il devient possible de stopper le défilement des images du rêve et de se
fixer sur une seule. C’est une grande victoire, car c’est le début de la
liberté.
En effet la volonté est le produit
de l’attention. En ayant la liberté de fixer son attention sur ce que l’on veut,
on devient maître du déroulement de son rêve. On peut le stopper, revenir en
arrière, et en changer le déroulement. Donc c’est la fin des cauchemars et de
tous les mauvais rêves. Au contraire on va aller vers les rêves de beauté, de
puissance, les songes et les visions de
vérité.
1) Engendrer en soi une attitude
critique, telle que l’on se pose sans cesse la question: « est-ce que je rêve ou
non ? ». Il faut garder dans ses rêves, comme dans sa vie, une
attitude de suspicion, selon les avis de Paul Tholey, de l’Université de
Frankfort, relever tout ce qui est bizarre, suspect,
impossible.
2) Se rendre sensible à
l’incongruité du rêve. Relever tout ce qui est bizarre, suspect, impossible. Une
gradation peut alors s’établir. On commence par faire ses remarques
systématiquement après le rêve en l’écrivant, puis il arrive que ce soit
pendant le rêve, mais on accepte encore l’incongruité en s’inventant une
mauvaise raison. Enfin on arrivera à se dire pendant un rêve : «je vole ou un
animal me parle, mais c’est impossible... donc je suis en train de rêver ».
Il faudra alors profiter de l’occasion merveilleuse, que l’on attend depuis si
longtemps, pour continuer à rêver et à vivre le plus longtemps possible l’état
de songe lucide.
3) Bien entendu la première fois
où l’on se dit « mais je suis en train de rêver !» on se réveille tout excité de
cette découverte et de cet énorme progrès dans la conscience. Alors il faut se
programmer, calmement pendant des mois, et se répéter « la prochaine fois que je
prends conscience que je rêve, je continue à rêver » et je profite enfin de
cette nouvelle vie et de toutes les merveilleuses possibilités qui s’ouvrent à
moi.
Les rêves prélucides.
Il faut être toujours en alerte, y
veiller et profiter de la moindre occasion. Assez souvent, ce niveau est préparé
par des états de rêves préparatoires, de fausse lucidité et de
prélucidité.
Les rêves préparatoires peuvent
être des songes de puissance, particulièrement le songe de voler dans les airs.
Lorsqu’il se reproduit plusieurs fois de suite, l’effet de surprise doit être
tel que l’on doit se dire « ce n’est pas possible, je rêve ». Alors, on
tombe souvent dans les pièges de la fausse lucidité. Cela provient souvent à
partir de fausses reconnaissances: par exemple, que l’on connaît déjà cette
personne, que l’on est déjà venu en ce lieu, que l’on a déjà fait ce rêve, qu’il
est la suite d’un rêve précédent, etc.
Il peut arriver que l’on en vienne
à parler de ses rêves, à exposer ou résumer le précédent et pourtant c’est dans
un rêve. Ce n’est pas une preuve d’éveil, on est encore en train de rêver. Ou
bien on peut rêver qu’on se réveille et se lève de son lit. On peut chercher
dans son entourage, des preuves de son état éveillé, mais ce n’est encore qu’un
rêve. Cela doit encourager car cela prouve que la conscience critique est gardée
même dans le rêve, bien que le voile de l’illusion ne soit pas complètement
dissipé.
Des états de prélucidité peuvent
arriver dans une idée qui a traversé l’esprit où que l’on n’a pas su admettre :
je rêve. On peut aussi croire dans son rêve que l’on s’est éveillé, mais l’on
est dans une atmosphère étrange. On sent qu’il y a quelque chose d’inhabituel.
Le temps est lent, pâteux, tout se fait attendre. On se sait en même temps dans
son lit attendant quelque chose d’extraordinaire qui va se produire, ou avec le
sentiment d’une présence invisible.
Le souvenir d’au moins un rêve de
vol dans les airs est une expérience assez répandue et beaucoup nous en ont fait
des récits. Que de variétés dans les méthodes avons-nous trouvé dans les
enquêtes que nous avons faites ! Les uns n’accèdent à ce pouvoir qu’après de
longues et pénibles poursuites, une nuit ils découvrent enfin qu’ils peuvent
échapper à leurs poursuivants en s’envolant dans les airs et en profitent
pendant toute une série de nuits. D’autres s’élèvent tout simplement en donnant
un coup de talon ou de pied par terre. Il y a ceux qui ne se déplacent dans les
airs qu’horizontalement comme s’ils nageaient la brasse. Certains professeurs
de yoga, volent les jambes croisées dans la posture du Lotus. On peut relire
aussi l’expérience d’Arnold-Forster. A coté des vols, il y a les sauts et les
bonds prodigieux. En particulier on m’a souvent fait le récit de descendre tout
un escalier d’un bond (ou de le monter). Et souvent les gens tout autour n’y
font même pas attention.
Les rêves d’envol sont
particulièrement importants, car ils engendrent souvent des songes
lucides.
Un autre thème essentiel est celui
de se voir dédoublé. On peut commencer à pouvoir contempler son corps de
l’extérieur, puis voir deux corps de soi ou se voir dormir. On sait le sort
particulier que Don Juan Matus donne à cette voie (Le voyage à Ixtlan). On peut
ainsi passer d’un rêve de dédoublement à une expérience de sortie hors du
corps.
La méditation c’est la paix de
l’esprit et le contentement du cœur.
La découverte du rêve
lucide va être de la plus grande importance pour la psychologie comme pour la
philosophie. Elle va permettre d’autres découvertes et peut-être de grands
changements dans la science et dans notre vie.
Pour cela il faut commencer à
s’interroger sérieusement sur les raisons du rêve : pourquoi rêvons-nous
toutes les nuits ?
D’abord on commence à étudier la
conscience, à partir de l’inconscient des rêves. On est conscient de son rêve
sans en être totalement conscient. Le rêve engendre une conscience illusoire
telle que l’on est conscient de son rêve sans être conscient que l’on rêve. Il
apparaît à la conscience sans que l’on en ait conscience.
Pour les psychologues, ce statut
particulier de la conscience est la clé des croyances sur la nature du réel.
Nous sommes enfermé dans nos croyances que nous prenons pour des réalités et
nous nous ruons directement en enfer : l’enfer de la drogue, de l’alcool, du jeu
de hasard, de la violence, de la folie, de la guerre, etc. Les psychanalystes
peuvent nommer cela des fantasmes, comme le Bardo des « formes-pensées » ou des
croyances. La croyance est notre prison, comme la croyance que l’on est maudit,
envoûté, pourri, raté … Elle constitue la bulle d’air dans laquelle on s’est
enfermé. Après la mort si nous ne sommes pas sortis de l’illusion du rêve, nous
entrerons dans un rêve plus profond qui sera la projection à l’extérieur des
images et fantasmes de notre inconscient.
Pour les philosophes, il faut
pousser l’interrogation plus profondément et se demander : pourquoi l’homme
est-il programmé pour rêver ?
Le rêve est une réalité amoindrie,
voire illusoire, comme si l’homme avait besoin d’avoir la preuve, grâce à lui,
qu’il existe plusieurs degrés de réalité. L’interrogation ontologique est faite
par Valéry: «La veille est un rêve dont on ne s’éveille jamais, le rêve une
réalité dont on ne s’aperçoit pas». Est-ce si sûr ?
Pourquoi
sommes nous obligés de rêver toutes les nuits et de sortir tous les matins de
cette illusion ? N’est-ce pas le signe qu’il y aurait une seconde
illusion ?
Cette expérience du rêve quotidien de l’illusion peut
être telle qu’elle en vient à poser la question métaphysique.
Ainsi le rêve lucide, après nous avoir fait échapper à l’illusion des enfers de notre inconscient, peut nous délivrer de l’illusion sensorielle pour découvrir la réalité suprême par l’expérience de l’Eveil.
MOTS CLES
Psychothérapie, Psychanalyse, Valeurs, Rêve Lucide
ABSTRACT
Spiritualist
Psychoanalyse is a new word for integral science of human soul. It study at the
same time the roots of our personality and the the connexions with values,
ideal, divinity or spirituality.
We need of
new tools and new paradigm to solve psycho-spirituals problems.