1. La théorie du Rêve Eveillé. 2. La métapsychologie du Rêve Eveillé 3. La Sublimation 4. Les images |
1. LA THEORIE DU REVE EVEILLE
Desoille a été l’inventeur du Rêve Eveillé,
mais il n’a pas eu le temps d’en élaborer la théorie. Il s’est contenté de
celles qui existaient : Freud, Jung et Pavlov. Il leur emprunte certes des
notions, mais toujours en changeant leur sens et leur utilisation. Par exemple
le déconditionnement et le reconditionnement positif lors d’une cure acquièrent
un sens analytique.
Il n’a jamais varié sur sa découverte
essentielle de 1938. On ne peut comprendre le Rêve Eveillé que si l’on
étudie la vie mystique. La ressemblance de leurs récits est tellement
frappante que la clé est là. Il ne s’agit pas pour Desoille de proposer une « expérience
mystique », mais un équivalent moderne. « Démystifier la mystique,
sans nier les faits qu’elle recouvre n’est pas une tâche facile ».
Il est bien conscient d’apporter un plus par
rapport à une simple analyse freudienne. Il a connu l’utilisation possible des
RE comme de simples tests projectifs et l’a vécu comme une trahison.
« Nous trouvons ainsi un matériel que nous pouvons utiliser aux fins d’une
analyse à la manière freudienne. Certains psychanalystes n’ont vu que cela dans
le rêve éveillé et c’est une grosse erreur » (1950, p.8) et il y revient
« Je saurais, de plus, m’élever trop contre cette tendance de
quelques psychanalystes à chercher dans le rêve éveillé dirigé de simples
matériaux à analyser suivant la technique freudienne » (1961, p.49). Il
existe une psychanalyse Rêve Eveillé, mais on ne peut pas mettre le Rêve
Eveillé tel que EN psychanalyse, car il l’enrichit, la complète et la
transforme. Elle n’est plus matérialiste et elle devient une Transpsychanalyse.
L’effet essentiel est de faire sortir le sujet
de son égoïsme, de sa centration sur sa petite personne et de ses frustrations
pour l’ouvrir au pardon, à la générosité et à l’Amour. Il découvre alors son
oblativité dans une séance de découvert du Sublime. C’est le processus le plus
psychothérapique qui soit, par la conversion aux Valeurs. « Il faut que le
lecteur comprenne ici que le développement des tendances oblatives, qui feront
de l’individu un véritable adulte du point de vue affectif, implique
nécessairement l’abandon de certaines formes d’égoïsme » (1950, p.9). Le
sujet résiste alors à ce qu’il y de plus élevé en lui par un refoulement bien
connu comme « refus du Sublime ».
Freud
est ouvert au Rêve Eveillé et à reconnu
sa place. Le philosophe Leroy demande à Freud d’interpréter les trois
songes
mémorables de René Descartes la nuit du 20 novembre 1619 qui ont fait
un
philosophe de ce soldat mercenaire. Il a ainsi vu la Lumière en rêve,
mais aussi à son Eveil les yeux ouverts. Et Freud répond que ses règles
ne s’appliquent
pas car ce n'était point des déguisement de la libido refoulée, mais
des "songes venus d'en Haut" « Traüme von Oben »,
par
une inspiration et non issus d'une pulsion. C'est donc Freud lui-même
qui oppose la Psychanalyse des Hauteurs à la Psychanalyse des
profondeurs. Le vœu de Desoille
est d’obtenir le même type de rêve puissant, ce qui nous mène à l’étude
de la
Métapsychologie du Rêve Eveillé.
2. LA METAPSYCHOLOGIE DU REVE EVEILLE
La Métapsychologie en psychanalyse spiritualiste. Elle reprend celle mise au point par Freud, qui a fait au début de ce siècle les premières découvertes en ce domaine, mais elle les complète grâce à l'apport plus riche de la pratique du R.E. en séance. Le principal apport est d'abandonner les croyances matérialistes pour rester ouvert dans ce domaine à une vision saine et positive de l'appareil psychique. Une vision non-matérialiste ne se croit pas obligée de se calquer sur la mécanique et la science figée du dix-neuvième siècle. Tout dans l'homme n'est pas réductible en terme de pulsions et l'Amour n'est pas que le désir sexuel.
1. Elle apporte trois nouveaux concepts :
L'Attracteur. Une grande partie des prises de position des hommes vient
de leurs attirances. La science moderne fonctionne avec des ondes, des
vibrations, des champs, des interférences et des états instables. Elle décrit
le réel en termes de champs magnétiques, d'états transitionnels, de structures
vibratoires, de rayonnements énergétiques, de forces d'attractions (fortes ou
faibles). Nous n'en sommes plus comme au temps de Freud à tout expliquer par
des poussées de façon matérialiste comme avec des boules de billard. Le
psychisme humain se comprend à partir de la théorie des structures dissipatives
d'Ilya Prigogine : il se maintient en état d'équilibre instable par une
dissipation continue d'énergie mentale. De même, selon René Thom, la
morphogénèse se décrit par la disparition des attracteurs initiaux et leur
remplacement par capture par des attracteurs représentant des formes plus
globales (que ce soient les systèmes fluviaux, l'apparition des
super-états, des super-théories, ou une
cure analytique). L'attracteur libère l'homme car il le tire vers l'avant,
alors que la poussée de la pulsion provoque un refoulement.
Le surconscient. Au siècle dernier Freud a présenté l'appareil psychique
comme formé de trois niveaux : l'inconscient, le préconscient et le conscient.
Et il a du batailler toute sa vie pour faire admettre l'existence de processus
de conscience inconscients. Nous devons en faire autant pour faire reconnaître
l'existence d'un quatrième niveau : le surconscient. Il s'agit d'une
amplification, ou d'une expansion de conscience que l'on rencontre en
différents états : rêve lucide, expérience des sommets, sortie hors du corps,
expérience de mort imminente, méditation, etc. C'est dans cet état que se font
certains RE dits mutatifs qui ont l'action la plus considérable lors d'une
cure. Dans certains vécus c'est la notion de "moi" (ou d'égo) qui
disparaît pour laisser place à une conscience participative plus large, la
conscience cosmique. Elle nous élève vers l'Absolu et ne doit pas être réduite,
comme le fait Freud, à une résurgence du "vécu océanique" de
l'embryon.
Le Pôle de Réalisation. De même aux trois instances présentées par Freud, le RE en fait ajouter une quatrième : le Pôle de Réalisation. Il joue son rôle d'attracteur global à travers les trois instances précédentes. Dans l'inconscient il est le besoin de réalisation commun à tous les êtres. Il se lie à la partir positive et saine de l'inconscient primitif, archaïque, créatif et thérapeutique. Tout le long des états préconscients et inconscients, il constitue le processus de réalisation. Certes celui-ci peut être bloqué, inhibé, perverti ou dévoyé ; c'est ce qui passe dans la névrose avec ses perturbations hystériques, narcissiques, sado-masochiques, etc. L'expérience mutative rouvre une orientation vers le Pôle, permettant de se rendre de plus en plus sensible à son aimantation vers la lumière une fois que l'on est sorti du cône d'ombre de l'égo égoïste. Ce processus de réalisation est lié au Sens des Valeurs. Faisant partie de ce Pôle de Réalisation, il échappe au surmoi freudien et constitue le noyau et le ferment de l'éthique. La reconnaissance des Valeurs, et en particulier de la plus importante le Sublime, est ce qui sauve l'homme en l'élevant au-dessus de lui-même vers ce qui le dépasse et l'éclaire : une Transcendance ou le meilleur de lui-même.
2. Les autres notions de la psychanalyse trouvent un enrichissement dans le Rêve Eveillé.
Accordage/transfert
Attraction/pulsion,
Corps
imaginaire/corps bafoué
Enfant
d'en-haut/enfant d'en-bas,
Enveloppe/bonne
distance
Hormé/mat
Images-force/fantasmes
Inconscient
créatif et thérapeutique
Métamorphose/transhumain
Métanoïa/transmutation
Mythanalyse/scénario
Orientation/désorientation
Pôle de
réalisation/moi
Progression/régression
Rêve-éveille
mutatif/rêverie imaginative
Transactions/interprétations
Sens des
Valeurs/surmoi et la valorisation
Signification/Synthèse
Sublimation/rencontre
du sublime
Surconscient/conscient
Cette
métapsychologie du rêve-éveillé est présentée et détaillée dans :
-
Descamps « La psychanalyse spiritualiste » éd. Desclée de Brouwer 2004
-
Descamps « Le rêve éveillé » éd. Bernet-Danilo 1999,
-
Descamps « Les rêves » éd. Dangles 2006 ….
1. La croix de la psychanalyse
Pour Laplanche :
« La sublimation est certainement une des croix de la psychanalyse et une
des croix de Freud »
Non seulement elle se montre difficile, selon lui, à caractériser en théorie,
mais elle se dérobe à la description clinique.
·En
1923, on ne peut pas dériver le sublime hors du sexuel et tout expliquer par
« l’illusion d’une pulsion leurrée ».
·Melanie
Klein situe la sublimation dans la tendance à réparer et à restaurer le bon
objet maternel mis en pièces par les pulsions destructrices du nourrisson, ce
qui permet de sortir de la position dépressive culpabilisée et d’entrer dans
une phase de restauration créative de la beauté du monde.
Lacan voit dans la sublimation un destin de la pulsion opposé au refoulement, puisqu’elle est le passage de l’imaginaire au réel de la chose qui comble le vide
2. La conception positive de la sublimation
Il n’est pas très compliqué de comprendre
ce qu’est la sublimation : sublimer, c’est atteindre le sublime. Le
sublime est ce qu’il y a de plus haut, une beauté qui nous dépasse en suggérant
la présence d’infini. En effet, le sublime n’appartient pas qu’au monde
esthétique. Après l’heureuse surprise du beau, il engendre un vertige qui déstabilise
le sujet et son monde, pour l’en arracher sous l’effet d’une finalité
supérieure. Le beau se laisse contempler alors que le sublime nous hausse
au-dessus de nous-même. Et c’est dans l’exultation qu’a lieu ce surgissement de
forces nouvelles.
Le terme de sublimation provient
directement du latin sub limina, ce
qui est situé « sous le seuil », donc le plus élevé. Le sublime est
ce qu’il y a de plus haut dans la hiérarchie des valeurs intellectuelles,
morales ou esthétiques, et qui mérite l’admiration. Le sublime est l’incommensurable
et n’exige donc pas l’harmonie du beau. On est comme terrassé par une
illumination et on ne s’y complaît pas, comme dans le beau. C’est donc ce qui
suggère la présence de l’infini (suite des nombres, spectacle de la nature
comme l’océan, l’orage ou la voûte étoilée, la vertu morale résistant à tous
les obstacles). Freud ne pouvait ignorer les sens de ce terme chez Kant,
Schiller, Schopenhauer ou les Romantiques.
Mais le terme Sublimierung qu’il utilise, joint à cette notion de très grande
élévation celle d’un dynamisme dû à une transformation purificatrice, empruntée
à la chimie et à l’alchimie. En chimie, la sublimation est le passage direct
d’un corps de l’état solide à l’état gazeux sans passage par un état liquide. C’est
un cas particulier de la vaporisation qui permet de purifier ce corps en le
récupérant solidifié sur la paroi froide ou de séparer deux corps qui étaient
mélangés. Pour les alchimistes la sublimatio
était l’opération essentielle de l’Art royal qui permettait d’obtenir de
l’or à partir de la « pierre qui n’est pas pierre », soit l’extractio d’une quintessence déjà
potentiellement présente dans les noires scories qui la cachent. Ceci demandait
la libération des odores et vapores mali (odeurs
et vapeurs mauvaises) de l’objet mais aussi de la foetor sepulchrorum (puanteur sépulcrale) de l’adepte. On voit donc
pourquoi Freud, bon connaisseur de la langue allemande, choisit ce mot Sublimierung qui lui permet de
transposer des transmutations physiques en transformations psychologiques.
La sublimation est une purification par
une élévation. La rencontre du sublime se produit dans des expériences
compensatoires (vécus d’amour, de paix et de sérénité, rêve-éveillé de lumière
ou de présence, expériences mutatives…). Il s’agit de son épanouissement
total, d’un état élatif où l’on prend toutes ses dimensions dans
l’élargissement de l’espace intérieur au lieu de rester mesquin et identifié à
son passé le plus étroit.
Par la pluralité et l’élargissement des
dimensions de l’homme, on comprend qu’il n’ait pas été possible de rendre
compte de la sublimation par un simple déplacement de la sexualité. Toute
l’aventure humaine ne peut s’expliquer par le seul sexuel, car l’on tomberait
alors dans le réductionnisme freudien qui n’arrive pas à rendre compte
effectivement de ce qu’il y a de plus haut en l’homme à partir de ce qu’il a de
plus bas.
La sublimation s’opère à partir de trois
processus : l’identification, la signification et la réalisation.
Sublimer exige nécessairement un
changement d’identification.. On ne peut pas sublimer si l’on ne se projette
pas dans le futur. L’être humain est déterminé par son passé et libéré par son
futur. Cette projection se fait grâce au pôle de réalisation. Il devient
désormais le moteur de la cure, mais un moteur qui tire au lieu de pousser,
dans une compréhension globale de l’être qui est plus finale que causale.
Le deuxième processus de sublimation, la
signification, est la détermination de son sens. Une vie qui n’a pas de sens
et qui se traîne dans l’absurde ne peut être que désespérante et mener à la
névrose.
Le troisième processus est celui de la réalisation de son être. Chacun a la nostalgie de ce qu’il aurait pu être s’il était devenu ce qu’il aurait dû être. Chacun rêve du plein épanouissement de sa personnalité, et il ne peut y en avoir sans sublimation. Être oblatif et non plus égoïste, c’est devenir utile au lieu de rester un inutile, voire un nuisible. La sublimation n’est pas contrainte et forcée, c’est un élan qui nous ouvre à une metanoïa grâce à une expérience mutative. Et il n’est pas inutile de rappeler que c’est le plus grand processus psychothérapique, donc le plus indispensable aux plus atteints (névrose grave, délinquance, border-lines, psychotiques…).
Or, justement, Desoille a complété les
découvertes de Freud en montrant l’existence d’un double refoulement. Face au
refoulement du ça par le surmoi existe un second refoulement du sublime par le
moi et le ça. « Le conflit éclate donc ici entre le ça et le soi. C’est le
soi qui anime le moi afin d’être satisfait et c’est donc le ça qui, en
s’opposant à cette satisfaction, devient l’instance refoulante, l’agent de ce
nouveau genre de censure, pour refouler le sublime […] Mais ce conflit est parfaitement
conscient, c’est le moi qui refoule et c’est ce qui m’a fait déjà écrire que
nous refoulons le sublime de même que nous refoulons ce qui nous paraît
ignoble »
C’est un risque qui a été parfaitement
entrevu et décrit par les auteurs qui s’en sont occupés. Maslow nous avait bien
prévenus en disant que nous avions peur des valeurs les plus élevées, qui nous
attirent et nous effraient à la fois : Maslow est revenu à plusieurs
reprises sur cette source spirituelle des pathologies. Le processus
d’autoréalisation de l’être humain, jusqu’à ses niveaux les plus élevés, est
biologique et instinctoïde par nature. Il est inscrit dans notre pulsion de
vie, comme la chenille porte en elle ce suprême espoir de devenir papillon,
même par le sacrifice de sa propre forme, jusqu’à la métamorphose. De même, le
besoin de transcendance de soi est ce qui nous fait vivre. Il est une partie
inhérente du modèle de santé psychique optimale. Ne pas le satisfaire provoque
des pathologies graves. C’est l’expérience de la chute et de la vie diminuée. À
un premier degré d’altération, on chute des valeurs-E dans les valeurs secondes
– l’argent, le pouvoir, la domination, le sexe sans amour… –, dont on essaie
alors de faire des valeurs premières : c’est la constitution des idoles –
l’automobile, la vitesse, le dandysme, la violence, la pornographie, le
standing… Si cela ne suffit pas, on chute dans le vide existentiel et dans le
désespoir, dont la meilleure description se trouve dans l’existentialisme
absurde et la « nausée » sartrienne. On tombe alors dans les valeurs
de l’oubli : l’alcool, la drogue, les « jeux » du type roulette
russe, la folie… La névrose, entre les deux, est encore une lutte et un moyen
d’échapper aux pathologies les plus basses. La colère contre l’impossibilité de
réaliser un idéal peut conduire à une révolte qui se traduit soit par la
délinquance, le crime ou le terrorisme, soit par le suicide.
L’expérience spirituelle, qui nous
rebranche sur les valeurs supérieures, est ce qui donne un sens a la vie et
nous fait échapper à ces pathologies. Nous sommes à nouveau branché sur ce
pourquoi nous avons été faits. Nous nous intégrons dans le grand dessein de
l’Univers auquel nous allons collaborer.
4. LES IMAGES ET L'IMAGINAIRE
L'analyse rêve-éveillé a comme
originalité de se centrer sur les images mentales et de travailler à partir
d'elles. Il reste à déterminer le statut de l'image mentale et celui du
processus de la pensée imagée. On a là un mode particulier d'accès à l'imaginaire
et à l'inconscient. Nous sommes habités par tout un monde d'images qui
proviennent du mode de fonctionnement de l'inconscient, qui ne raisonne pas et
représente les affects par des images. Ce monde s'étage depuis le conscient,
avec les fantaisies diurnes ou Tagtraum, jusqu'aux
images centrales inconscientes, les fantasmes. La détermination du statut de
l'image et de l'inconscient passe donc par l'élucidation préalable des
fantasmes.
1. Les fantasmes. On peut considérer les fantasmes comme les axes d'organisation de
l'imaginaire. Ce sont des images envoûtantes avec une charge émotive intense,
liées à un comportement et correspondant
au noyau central de la névrose. L'artiste
excelle à rendre son fantasme visible en atténuant au moyen de changements et
de voiles son caractère égoïste pour le parer de tous les prestiges de l'art
afin de procurer un plaisir esthétique partageable. (Voir le vautour retrouvé
par Freud dans le tableau de Sainte-Anne
de Léonard de Vinci). Il tire sa force
extraordinaire de l'accumulation de la libido, ou énergie sexuelle, à travers
les frustrations. Poursuivant son existence dans l'inconscient, il y prolifère,
s'y organise et se complique.
Le RE est un moyen inégalé pour la
mise en évidence des fantasmes inconscients et particulièrement des fantasmes
archaïques pré-oedipiens (scène primitive, ogre, mère phallique, père utérin,
autogénération ...). Les scénarios imagés sont parfaitement adaptés pour les
représenter, les inclure et les faire évoluer. Les prises de sens successives
vont permettre de les désintriquer puis de les métaboliser. Le fantasme est en
effet imbibé de compulsion de répétition, il revient de lui-même par sa propre
force et se reproduit exactement identique à lui-même. L'insertion dans une
série d'images en mouvement va lui permettre de changer en se libérant de la
répétition mortifère. Le repérage de ces images envoûtantes se fait par le
retour cyclique de ces signifiants répétitifs tout au long d'une cure. Il
s'agit de les reconnaître sous leur différentes variantes.
3. Les images-forces. Parmi les multiples
images présentées par un patient, il y en a une qui peut/doit frapper
l'analyste par sa répétition, sa singularité, sa symbolisation ou son
"inquiétante étrangeté, Unheimlich".
Très nette, colorée, accompagnée d'une grande charge affective, elle va évoluer
tout au long de la cure. Elle fait partie de ce que nous nommons des "images-forces" et elles
peuvent correspondre au mythe personnel ou familial. Ce sont des images
envoûtantes, englobant un fantasme. Cette image, qui revient tout au long de la
cure, pour lentement évoluer et se transformer. Il est relativement simple de
la suivre lorsque le patient lui donne le même nom tout au long de la cure dont
elle constitue comme la colonne vertébrale ou le leitmotiv.